Comptine en plomb
Sortie le 12 août 2008. Ed Archipel
Prix Polar Cognac 2008
Mon livre en dérangera plus d’un.
Tant mieux, c’est écrit pour !
Déjà qualifié d’auteur atypique, j’aggrave le passif avec Comptine en Plomb, mon troisième thriller, qui vous entraîne dans un nouvel univers : le mien, tragique, celui de mon enfance brisée, de mes révoltes de gosse, de mon rejet d’une société «établie » pour qui l’identité primait et confisquait toute liberté de penser, d’être et de créer en-dehors de ses normes.
Eh oui, je me raconte à travers ce suspens à la fin spectaculaire et amorale. Terriblement amorale. Mais chacun en jugera. En particulier ceux, et quels que soient leurs affinités politiques, qui ont connu le règne des Trois Singes d’avant Mai 68.
Le pardon est absent de ce roman écrit en 2007, en dix mois, au cordeau, pour solde de tout compte avec ces années de plomb. D’ailleurs je n’en accorde aucun à mes personnages qui, les ai-je présentés freudiennement, sont «Imaginaires…Ou peut-être le contraire... Fictifs,réels… Qu’importe. Je les ai tous tués ». Mais ce préambule ne serait rien si le premier dédicataire – l’enfant qui rêvait dans les dunes en parlant à son chien – n’était autre que moi-même… Les psys apprécieront… Moi, maintenant, je vais bien.
Cet aveu expulsé, l’histoire peut commencer, à Calais, ma ville, celle où mon tombeau m’attend, dans un Nord embrumé où le héros principal n’est pas le bienvenu.
Elle débute ainsi : de nos jours, sur un paquebot, un vieil homme allège sa conscience. Depuis presque un demi-siècle, il porte un lourd secret qu’il livre à un petit garçon…
Calais.1965. La Toussaint. Huit innocents vont mourir. Certains assassinés par un serial killer. Celui-ci laisse un soldat de plomb sur les lieux de ses crimes. Un poilu de Verdun signé Mignot. Vengeance ? Schizophrénie ? Les experts s’y perdent.
Pour le commissaire Gallois, il s’agit d’un règlement de comptes. Et même si les victimes sont des gens simples, le coupable ne peut être qu’un notable. Les indices le prouvent : les « armes » qu’il abandonne sont des objets de prix.
Les caciques paniquent. D’autant que M. Wyatt, chairman d’une compagnie de transports, séjourne dans la cité. L’Anglais souhaite y développer ses activités. Or si un scandale éclate, il est à redouter qu’il choisisse un autre port. Adieu, donc, investissements, profits, emplois !
Ordre est aussitôt donné de museler Gallois, ce vieux pied-noir aigri, bientôt à la retraite, soupçonné d’en vouloir aux Français de France d’avoir bradé l’Algérie.
Les notables se trompent : Gallois les déteste ! Il ne leur pardonne pas de l’avoir rejeté. Ils méritent une leçon. Et pour ce faire, il partira sur des ruines. Les victimes lui serviront de mèche, et M. Wyatt sera sa bombe.
Aux pressions qu’il subit, Gallois répond par la ruse, utilise les peurs, manipule la presse, déstabilise son entourage et, mort après mort, réduit au silence élus et dignitaires.
Jusqu’à ce que l’assassin se dénonce. Un coupable en tout point qu’il avait profilé.
On le félicite. Le vieux pied-noir triomphe. Et ricane : les notables sont loin de connaître la vérité. Mais dans un climat amidonné, l’officielle suffit…
Et l’enfant dont parle l’homme sur le paquebot, qui, en 1945, jure avec son ami Lariflette de tuer tous ces salauds d’adultes, la connaît-il ? Pour le savoir, il faudra d’abord découvrir ce qu’il fait dans ce drame et, surtout, ce qu’il est devenu …

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Philippe Bouin
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.Désolé, mais je manque de temps pour répondre aux courriers personnels. |